Nous nous sommes tous ensemble lancés dans cette belle aventure des élections municipales, convaincus que l'exercice serait difficile mais qu'il était nécessaire, voire obligatoire et
salutaire pour la ville.
Orange va mal, terriblement mal et ce n'est pas l’incroyable autosatisfaction du maire sortant qui changera la triste réalité. C’est du cynisme absolu que de continuer à se
comporter comme un paon, quand dans sa ville il y a tant de détresse, tant d'isolement, tant d'exclusion, tant de rejets.
Orange va mal socialement et économiquement... Nous avons visité les quartiers abandonnés de l’Aygues, de la Tourre, de Fourchevieilles. Nous avons vu une ville en train de
décliner, sans projet économique, sans création d'activités, sans volonté de développement, une ville où le centre-ville s'endort doucement, asphyxiée par le transfert au sud de toutes les
opérations commerciales, une ville qui ressemble de plus en plus à un décor de western qui cache derrière les paillettes : le vide ou l’inmontrable.
Orange va mal dans son fonctionnement démocratique, cette campagne nous l’aura définitivement prouvé. Là où il devait y avoir dialogue, débat, il n'y a eu qu'insultes, attaques
personnelles, déformation des propos, désinformation. Car on peut faire rire une salle sur l'avenir de la Base Aérienne 115, ironie de théâtre de boulevard qui a du mal à cacher la réalité à savoir
que l'isolement de ce maire girouette politique, honteux de ses étiquettes au point de les gommer, risque bel et bien de conduire à des lendemains qui déchantent.
A la fin il faut bien appeler un chat un chat, c’est de la période Bompard que commence le déclin irréversible de la Base 115. Ce n'est certainement pas cette campagne et les propos tenus sur
les uns et les autres qui amèneront le gouvernement à revoir sa copie ni sur son outil de défense, ni sur la déviation, ni sur l'hôpital. Je prétends qu'un ancien secrétaire d'État à la défense a
plus de poids sur les stratégies de la France qu'un maire d'extrême droite uniquement connu pour ses coups de menton et ses sinistres thèses extrémistes, xénophobes, racistes.
Orange va mal ; là où il y aurait pu avoir un débat sur les problèmes pré et post scolaires, c'est-à-dire la garde d'enfants, le soutien scolaire avant et après l'école, sur
le problème du sport et de la nécessité de remettre en service de petits équipements de quartiers, il n'y a eu aucune réponse.
On aurait aussi pu débattre sur les enjeux culturels de cette ville qui bien sur est riche de son patrimoine antique, mais qui doit aussi mettre en valeur la capacité de création de ses acteurs
culturels, associatifs et de ses citoyens.
La culture, c'est bien plus que l’enjeu commercial d'un monument au prestige mondial laissé aux appétits financiers d'une multinationale. La culture c'est l'expression de toutes et de tous dans
leur diversité et leur acceptation de l'autre.
On aurait pu aussi parler des problèmes d'environnement et rassurer les Orangeois qui ont tellement souffert des crues de 2002, poser les problèmes d'urbanisme liés à ces menaces et répondre aux
questions que se posent plusieurs propriétaires et locataires dans les lotissements à risque.
On aurait pu parler de cette étrange conception des services publics qui consistent à les faire disparaître les uns après les autres, ou de les rétrécir jusqu'à l'extrême. Je pense au centre aéré
et au CCAS. Je pense à ceux qui ont été privatisés par exemple la restauration scolaire. On aurait pu reparler du contrat d'affermage de l'eau et de l'assainissement changé par un caprice du maire,
au prix d'un procès aux lourdes conséquences financières et dans le mépris le plus total des usagers.
Il est bien là le maître mot : mépris!
Mépris pour toutes celles et ceux qui ne pensent pas comme lui, ou comme son clan, mépris pour celles et ceux qui osent contester ou ne pas être d'accord et malheur en particulier à toux ceux qui
sont fonctionnaires territoriaux. L'administration de cette ville a été vidée de ses cadres et de beaucoup de ces éléments qui permettent une gestion communale au service de tous.
On aurait pu parler aussi du splendide isolement de cette ville, la seule du Vaucluse à ne pas appartenir à une intercommunalité qui, contrairement à tout ce qui est dit, pourrait être source
d'économies car elle soulagerait la ville d’Orange de charges qu'elle seule supporte sur des équipements utiles aussi à ses voisins. L'agglomération d'Orange quel beau projet partagé par tant de
communes alentour qui permettrait à moindre coût la création de nouveaux équipements sportifs, la mise en place d'une véritable politique de collecte et de traitement des ordures ménagères, qui
pourrait devenir un pôle d'excellence dans l’agroalimentaire, dans la filière des entreprises travaillant sur les enjeux écologiques, qui aurait enfin la taille pour débattre :
avec l'État sur la déviation et l'échangeur nord, avec la région sur le patrimoine antique, avec le département sur le redéploiement des politiques d'accueil pour personnes âgées et
handicapés, sur l'approfondissement des politiques de l'enfance et de la famille ou de la lutte contre l'exclusion.
Ses partenariats pourraient s'étendre à la Caisse d'Allocations Familiales ou autres organismes gérant des politiques publiques.
Les inégalités sociales sont de plus en plus évidentes : sur le pouvoir d'achat, sur le logement. Pour redonner confiance et espoir à celles et ceux qui souffrent d’exclusion, de rejet et de
désespérance. Il faut des politiques publiques fortes. C'est l'inverse qui se fait ici.
On peut se féliciter après du désendettement de la ville, de la stabilité fiscale, mais ce serait un comble qu'il en soit autrement, quand on ne fait rien et quand on thésaurise au point que la
chambre des comptes s'en émeut.
Gérer une mairie, ce n'est pas gérer la cassette de Louis de Funès, dans "la Folie des grandeurs", c'est agir bien sûr dans le respect des règles de gestion financière nécessaires
mais c’est innover, proposer, réaliser, dans la transparence sinon à quoi sert la politique.
Certes nous sommes dans l'équilibre financier mais c’est l'équilibre de l'immobilisme, de la mort programmée d'une ville qui se ratatine sur elle-même comme une vieille pomme.
Dans cette campagne, nous avons été privés de respect, de tolérance, de dialogue, de débat, d’échange.
Nous avons dit acceptation de toutes et de tous dans leur diversité pourvu que s'exercent les lois de la République souveraine.
Nous avons dit dignité, transparence sur les patrimoines, les revenus des élus, les contrats signés, et on nous a insultés, bafoués, ridiculisés.
Cette conception du débat politique est inadmissible vis-à-vis des lois humanistes universelles, elle appartient à des pages de l'histoire qui ont été tournées grâce au courage de celles et ceux
qui ont su résister.
J'appelle ce soir solennellement toutes celles et tous ceux qui n'en peuvent plus de cette arrogance, de ce mépris, de ce cynisme à se rassembler.
J'ai déjà rassemblé, et mon camp et par-delà mon camp, mais il y a aussi des républicains de l'autre côté de la rive à côté de nous qui aussi ont essayé de s'exprimer, de dire, de proposer et
parfois nous avons été dans les écrits et les actes très proches car il est vrai que les circonstances et la gestion locale n'entraînent pas les mêmes différences que les enjeux nationaux.
Alors je les appelle ces républicains et ces démocrates à mettre un terme à cette situation indigne de ce que fut Orange à travers l'histoire.
Nous ne pouvons plus être la seule ville de France gérée par l'extrême droite et ses sinistres façons de faire.
Orange doit se rassembler pour recomposer son lien social, pour que les gens y vivent ensemble dans le respect et l'acceptation de leurs différences politiques, philosophiques, religieuses,
culturelles et que tous les visages, quelle que soit leur couleur, soient acceptés.
Il faut remettre la République dans Orange et Orange dans la République.
Pour cela nous avons besoin de construire un grand rassemblement respectueux de toutes ses composantes.
Nous le construirons ce rassemblement dès dimanche soir et ensemble nous referons d'Orange une ville d'ouverture d'espoir et de respect. Nous fermerons la parenthèse de l'extrémisme
populiste.
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